Le Plan d'Épargne Retraite (PER) individuel est un produit d'épargne long terme, ouvert à (presque) tout le monde — salarié, indépendant, demandeur d'emploi — qui vous permet d'économiser dans un cadre fiscal avantageux pendant votre vie active, pour obtenir un capital ou une rente au moment de la retraite.

Comment fonctionne le PER individuel ?

Sauf indication contraire de votre part, la gestion de votre épargne est « pilotée » : plus l'horizon de la retraite est lointain, plus votre épargne est investie sur des supports dynamiques, puis elle est progressivement réorientée vers des supports sécurisés à mesure que vous approchez de l'échéance.

Les sommes versées sont déductibles de votre revenu imposable — sauf si vous optez explicitement pour la non-déduction à l'entrée, ce qui allège en contrepartie la fiscalité à la sortie (ce choix est irrévocable). Le plafond de déduction, commun à tous vos produits d'épargne retraite, est calculé à partir du plafond annuel de la sécurité sociale (PASS). S'il n'est pas utilisé en totalité une année donnée, il peut être reporté sur les trois années suivantes, et même mutualisé avec le plafond de votre conjoint ou partenaire de PACS.

En contrepartie de cet avantage fiscal, votre épargne reste indisponible jusqu'à la retraite — sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, ou fin de droits au chômage.

Quelle fiscalité à la sortie ?

Elle dépend du type de versement, du mode de sortie choisi (rente ou capital), et du fait que vous ayez ou non déduit vos versements à l'entrée. Pour les versements volontaires déduits de votre revenu imposable :

Sortie en rente : imposition à l'impôt sur le revenu après un abattement de 10 %, et prélèvements sociaux sur une fraction de la rente déterminée selon votre âge au premier versement.

Sortie en capital : la part correspondant à vos versements est imposée au barème de l'impôt sur le revenu (sans prélèvements sociaux) ; la part correspondant aux gains est taxée à 31,4 % de façon forfaitaire, ou sur option au barème progressif.

Et en cas de décès ?

Pour un PER « assurance », l'épargne est transmise aux bénéficiaires que vous avez désignés, en général selon la fiscalité avantageuse de l'assurance-vie (différente selon que le décès intervient avant ou après vos 70 ans). Pour un PER « compte-titres », en revanche, l'épargne est intégrée à la succession classique et fiscalisée selon les droits de succession habituels — une différence importante à connaître au moment de choisir votre contrat.

Combien ça coûte ?

Les frais d'entrée sont plafonnés en pratique à 5 % par versement, les frais de transfert à 1 % (gratuits après 5 ans de détention). Aucun frais n'est appliqué pour sortir l'épargne : seule la fiscalité reste due au terme du contrat.

Un exemple concret

Nadège et Thomas, mariés, ont tous les deux 50 ans et partiront à la retraite dans 15 ans. Imposés à 41 %, ils souhaitent compléter leur future pension. Ils souscrivent chacun un PER et versent 500 € par mois à eux deux, soit 6 000 € déduits chaque année de leur revenu imposable — une économie d'impôt de 2 460 € par an. Leur effort d'épargne réel n'est donc que de 295 € par mois.

Quinze ans plus tard, leur capital constitué est estimé à 109 000 € (rendement annuel net de 2,5 %). Ils percevront alors une rente viagère d'environ 4 500 € par an, imposée comme leurs pensions de retraite — au moment où leur taux d'imposition sera vraisemblablement plus faible qu'aujourd'hui.

L'intérêt du PER dépend fortement de votre taux d'imposition actuel et anticipé à la retraite : ces règles générales méritent d'être vérifiées à l'aune de votre situation personnelle avant de déterminer le montant à y consacrer.