C'est l'un des arbitrages les plus fréquents — et les plus mal compris — chez les dirigeants de SASU, SAS et SARL : faut-il se verser un salaire, des dividendes, ou un mélange des deux ? La réponse dépend de votre statut social, de votre besoin de revenu immédiat, et du niveau de bénéfice de votre société.

Tout dépend d'abord de votre statut social

Le président de SASU/SAS relève du régime « assimilé salarié » : ses cotisations sociales sont plus élevées (environ 75 à 80 % du salaire net versé), mais elles ouvrent des droits proches de ceux d'un salarié classique, y compris pour la retraite.

Le gérant majoritaire de SARL relève lui du régime des travailleurs non-salariés (TNS) : des cotisations sociales plus légères (environ 40 à 45 % de la rémunération nette), mais une protection sociale et des droits à la retraite historiquement moins généreux — même si la tendance s'est nettement rapprochée du régime général ces dernières années.

Le salaire : des cotisations, mais des droits

Le salaire est une charge déductible du résultat de l'entreprise, ce qui réduit d'autant l'impôt sur les sociétés. Il génère des cotisations sociales (à la charge du dirigeant et parfois de la société), mais ouvre des droits : trimestres de retraite, indemnités journalières, points de retraite complémentaire. C'est un revenu régulier, simple à anticiper pour financer son train de vie.

Les dividendes : moins de charges, mais pas déductibles

Les dividendes sont versés après impôt sur les sociétés — ils ne réduisent donc pas le bénéfice imposable de l'entreprise. Ils sont ensuite soumis, au choix, au prélèvement forfaitaire unique (PFU / « flat tax » à 30 %) ou au barème progressif de l'impôt sur le revenu avec abattement de 40 %. Pour un gérant majoritaire de SARL, une part des dividendes est en plus assujettie aux cotisations sociales TNS au-delà d'un certain seuil (10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant d'associé). Les dividendes ne génèrent en revanche aucun droit social (pas de trimestre de retraite, pas d'indemnités journalières).

Salaire : déductible pour la société, cotisations plus élevées, génère des droits sociaux et de retraite.

Dividendes : non déductible, fiscalité plus légère en apparence, mais aucun droit social généré — et cotisations TNS possibles au-delà d'un certain seuil en SARL.

Les questions à se poser avant d'arbitrer

  • De quel niveau de protection sociale (retraite, prévoyance, indemnités journalières) avez-vous réellement besoin ?
  • Quel est le niveau de bénéfice de la société, et quelle trésorerie voulez-vous y laisser ?
  • Avez-vous un projet nécessitant un revenu régulier justifiable (emprunt immobilier, par exemple) ?
  • Une structuration en holding ou d'autres leviers (PER entreprise, épargne salariale, intéressement) peuvent-ils compléter la réflexion ?

Ces éléments généraux ne remplacent pas une étude chiffrée de votre situation : le bon arbitrage dépend du statut juridique de votre société, de son niveau de bénéfice, de votre âge, et de vos objectifs personnels et familiaux.